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Archives de Catégorie: The world’s a stage

One on One

 

Permettez-moi de me présenter … je suis un homme qui se veut cultivé et raffiné.

– Oui, je vois ça … je me présente à mon tour, je m’appelle …

Laissez-moi deviner … votre prénom ne serait-il pas celui d’illustres souverains ? De quelque grand conquérant normand ? Ou de poètes légendaires ?

– Oui, mais comment le savez-vous ?

Oh … je suis de ceux qui s’intéressent beaucoup à leur prochain … vous le savez bien, mon jeune ami …

Oui, effectivement. Que me voulez-vous ?

Je ne veux rien à personne, je viens simplement à ceux qui m’appellent …

Je ne vous ai pas appelé.

Je me vois dans l’obligation de vous contredire, tout en vous promettant de tâcher d’éviter cet écueil à l’avenir …

J’ai juste pensé à vous.

Et vous m’en voyez honoré ! Qu’un Maître tel que vous pense à moi …

Oui oui … Je n’ai rien pour vous.

Je le sais bien, mon jeune ami, je le sais bien … mais vous avez quelque chose à me demander.

C’est bien possible … pourquoi me faites-vous chier ?

Vous vous méprenez et vous êtes grossier. Mais j’aime ça, cela prouve que vous êtes encore vivant … Mais qui pourrait en douter ?

Certainement pas moi.

Oui, vous n’en doutez pas … vous doutez de tout le reste … sauf de moi.

Je vois difficilement comment douter de vous. Vous êtes partout, avec votre petit sourire en coin. Vous vous amusez bien, n’est-ce-pas ? Content de votre oeuvre ?

Mon oeuvre ? Jeune homme, ne transposez pas vos ambitions artistiques sur moi … ma seule « ambition » est, comme vous l’avez dit, de m’amuser … et j’y parviens fort bien, ma foi …

Mais pourquoi faites-vous cela ?

Faire quoi ? Je me contente d’observer et de me délecter de ce fabuleux spectacle !

Vous serez donc toujours là ?

Je crois que oui … tant que vous serez là, je le serai aussi … et même après, puisque vous ne serez plus et que cela semble être le but que l’on m’a assigné … grande ambition qui n’est pourtant pas la mienne … je veux juste continuer à sourire, à profiter de votre vie, de vos si belles aventures …

Vous êtes une sorte de consience ?

Je suis tout ce que vous voudrez … si cela peut vous rassurer … encore que vous n’ayez aucune crainte à avoir de ma part, je suis inoffensif, vous seul avez le pouvoir … moi, je puis peut-être le stimuler ou le provoquer, mais rien de ce que l’on me prête n’est réel …

Vous ne perdrez donc jamais ?

Les notions de victoire ou de défaites sont éphémères, elles ne m’intéressent pas … puis-je vous suggérer d’adopter la même attitude ? Il n’y a rien à gagner et encore moins à perdre, surtout que vous n’avez rien à me vendre … Voyez-vous, ma sollicitude à votre égard n’est inspirée que par de nobles sentiments.

Je crois que vous vous moquez de moi.

Je m’en garderais bien ! Votre finesse d’esprit est plus grande que vous ne voulez bien l’admettre et vous comprendriez rapidement que j’essaie de vous manipuler … Non, je me contenterai de répondre aux questions que vous me poserez.

Pourquoi êtes-vous mauvais ?

Mauvais ? Qu’ai-je pu donc bien faire pour mériter un tel jugement ?… Pensez-vous réellement que je sois mauvais ? Ne pensez-vous pas plutôt que ce que je fais est « génial » ? Que ma façon de vivre vous fascine ?

Me fascine ? Je dois reconnaitre que vous avez raison … mais je ne devrais pas.

Et pourquoi donc ? Vous savez, la vision manichéenne des choses me semble totalement dépassée, totalement stérile. Et surtout terriblement limitatrice … voire même castratrice … Savez-vous ce qui vous plaît chez moi ? Ma liberté. Le fait que je ne m’embarrasse de rien. Que rien ne m’embarrasse. Que je vis et  fais tout ce dont vous rêvez et que vos tristes peurs vous interdisent. Et que je souris toujours …

Vous cherchez à me convertir ?

Oh que non ! Vous convertir à quoi d’abord ? Je viens de vous parler de liberté, ne m’écoutez-vous donc pas ? Vous convertir à quelque philosophie reviendrait à anihiler une partie, même infime de votre liberté … je prends ce qui me convient ici et là … je ne suis pas négociable …

Pourquoi hésitez-vous ? pourquoi avez-vous même la pensée qu’il vous faut faire un choix ?

Je ne sais pas.

Si, vous savez … ne vous sentez-vous pas mieux depuis le début de notre conversation ?

Si, je me sens plus détendu …

Et avez-vous eu à un seul instant l’impression de vous trahir ?

Non …

Ne pensez pas que mon but est de vous convertir à quoi que ce soit … la seule chose qui puisse vous troubler est la nature de mon jeu … mais je suis là parce que vous m’avez appelé et parce que vous aviez envie de jouer … pour vous convaincre que je ne suis pas celui que l’on dit …

Mais vous étiez là dans tous les pires moments de l’humanité !

Comme vous y allez … Oserez-vous dire qu’il en est ressorti quelque chose de mauvais ? … J’ai participé à l’édification de mythes, de grands courants de pensée pacifistes … je suis à l’origine des plus grands rassemblements fraternels humains …

Vous plaisantez j’espère ???

– Pas le moins du monde ! Vous ne devriez pas vous embarasser de cette forme de pseudo-morale dont la superficialité n’a dégale que l’inutilité … ce que vous êtes est amplement suffisant … On dit beaucoup de billevesées me concernant, vous savez … j’adore !!!

Comme les marguerites ?…

Avec une majuscule, s’il-vous-plait, le langage parlé ne vous autorise pas toutes les fantaisies … Ah, Marguerite … tout à fait à mon goût …

Il m’a effectivement semblé que vous aviez une prédilection pour elle (s) … Mais où voulez-vous en venir au final ??

Nulle part … je vous ai dit que je n’étais là que pour répondre à vos questions … si cette conversation n’a pas de but pour vous, je ne vois pas comment je pourrais lui en donner un …

Très bien, alors arrêtons nous là.

Comme il vous plaira … ne soyez pas trop dur avec vous-même, soyez-le avec les autres et tout le monde sera ravi … Je suis ravi de vous avoir rencontré et …

Et votre espoir est comblé.

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Publié par le 8 novembre 2010 dans The world's a stage