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Archives de Catégorie: Légendes et Héros de la Musique

Shall we begin ?…

Facebook, ça sert à rien. Sauf des fois. Donc ma première phrase est idiote.

Bref.

Des fois, Facebook sert à suivre des gens pour qui on a beaucoup de respect et d’admiration, comme par exemple ces deux dames-ci.

 

Il y a quelques années, elles faisaient de la musique avec un petit monsieur de Minneapolis, avec lequel elles avaient notamment composé cette petite merveille.

 

Et puis, ce petit monsieur étant très chiant, elles se sont barrées, pour faire  diverses choses, juste toutes les deux. Diverses choses comme celle-ci.

 

Elles ont aussi travaillé avec Seal, avec qui elles ont notamment composé « Bring it on »

 

Elles ont également fait la musique pour l’une des meilleures séries de ces dernières années, « Heroes« .

Je les aime beaucoup, vraiment. Elles ont un « spectre » musical extrêmement large, qui va de la pop à la funk, en passant par le jazz, la musique classique ou le rock. Et elles ont apporté énormément à Prince … dont les meilleurs albums, bizarrement, sont ceux qu’il a fait quand elles étaient avec lui.

Le 2 juin, elles ont sorti un nouvel EP, « Snapshots » (extended play, comme celui que je vais sortir cette année …). Toutes seules, sans maison de disques, ni promo de malade.

 

C’est un petit album de 6 titres extrêmement variés, qui balaie la quasi-intégralité de leur palette musicale.

Je l’ai achetée dès sa sortie, simplement parce que je savais que je ne serai pas déçu.

Et je ne l’ai pas été … Je suis en train d’écouter mon morceau préféré de cet album, « Water to the wave« , qui est un morceau d’une finesse rare : le piano de Lisa, la guitare et la voix de Wendy, une batterie derrière … Les paroles sont inspirées d’un poème de Pablo Neruda, qui parlait de faire un bracelet d’étoiles pour son amoureuse …

Il y a TOUJOURS quelque chose de spirituel dans leur musique, quelque chose qui touche celui qui l’écoute au plus profond de lui-même. Elles faisaient déjà ça avec Prince : l’intro de « Sometimes it snows in April » était quelque chose qui allait … très loin …

J’écris cet article parce qu’elles font la promo de leur album elles-mêmes et qu’elles ont demandé à ceux qui les aiment et qui ont acheté le CD de les aider.

Mais surtout parce que Wendy et Lisa sont deux musiciennes extraordinaires, d’une finesse et d’une sensibilité rares et que je n’ai toujours pas compris comment Prince avait pu les laisser partir.

 

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Freude, schöner Götterfunken, Tochter aus Elysium …

Voilà, j’ai enfin entendu « en vrai » la Neuvième Symphonie. Ici.

(Le Victoria Hall de Genève).

Dès les premières mesures, j’ai senti un frisson m’envahir, de la tête aux pieds, parce que ça y était, j’allais enfin L’écouter …

Par la suite, au cours des trois premiers mouvements et malgré le fait que je connaisse plutôt bien cette symphonie pour l’avoir écoutée environ 385749035304 fois, j’ai été estomaqué par la beauté de certains passages et surtout par le fait qu’il n’y a pas la moindre baisse d’intensité, de la première à la dernière note : dès le début, on sent et on sait que l’on « entre » dans quelque chose d’immense.

Cette impression se continue ensuite et s’amplifie même jusqu’à la dernière note …

Et puis, est arrivé le quatrième et dernier mouvement, celui qui contient le thème et le choeur de l’Hymne à la Joie.

Dès la première note, nouveau frisson.

Puis, quand les contrebasses et les violoncelles ont commencé à jouer le thème de l’Hymne à la Joie, frissons et grand sourire … Et premières difficultés pour respirer.

Ensuite, les voix sont entrées : le baryton seul, puis la combinaison avec les trois autres, un homme et deux femmes … puis l’entrée du choeur.

J’avais de plus en plus de mal à respirer, parce que je commençais à me sentir véritablement écrasé par la musique.

Et puis, l’orchestre a joué cette extraordinaire partie instrumentale, pendant laquelle on a l’impression que Beethoven allume des feux de joie, qui m’ont totalement submergé, des feux follets, qu’il lance des rayons de lumière dans tous les sens, toujours plus lumineux, et qu’il nous prend par la main, pour nous emmener en courant vers …

Le choeur de l’Hymne à la Joie.

Juste avant, la musique donne l’impression de freiner brutalement, comme si Beethoven nous offrait un léger moment de répit après ce qu’il nous a « imposé » avant.

Et là, aussi débile que ça puisse paraitre, je dois avouer que j’ai eu peur de ce qui allait venir, parce que j’étais déjà au bord de la suffocation …

Donc … coups de frein … léger silence … petit appel des cuivres … le thème joué tout doucement … nouvel appel … encore le thème … dernier appel … le thème qui remonte et …

Et j’ai failli m’étouffer, avoir une crise de vertiges, pleurer, partir en courant et refaire du rap ou devenir notaire et m’inscrire à l’UMP …

Bref, bien plus puissant que tout ce que j’avais pu imaginer et surtout, que tout ce que j’ai entendu jusque là.

Et à la fin, je me suis dit qu’après ça, on ne pouvait plus rien faire. Pas de rappel, (pas d’applaudissements, parce qu’avec une seule main, c’eût été un peu indigne… ou alors sur le plâtre, mais bon …), pas de musique, pas de commentaires …

Parce que, définitivement, il n’y a rien à dire lorsque l’on vient d’entendre la plus grande musique de tous les temps.

 

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O Freunde, nicht diese Töne!

Demain soir, malgré ma main plâtrée et ma voiture en vrac, malgré tous les emmerdements qui vont avec, malgré la fatigue, la surcharge de travail , etc … etc … Malgré tout cela, demain soir, je vais aller me prendre la plus grande claque de ma vie (jusqu’au bébé …).

Demain soir, je vais entendre la Neuvième Symphonie. Inutile que je précise de qui, il n’y en a qu’une que j’écris avec des majuscules.

 

Je me suis toujours dit que, le jour où je l’entendrais « en vrai », je serai totalement écrasé par cette musique.

Je ne vais pas développer, parce que ma main me fait très mal, mais je voulais simplement écrire ici l’importance que cette soirée a pour moi.

Lui, c’est … Lui.

Et demain, je vais me souvenir à quel point l’Homme peut aller haut et combien il peut être beau, parfois.

Et après, je ne pourrai plus faire de musique pendant 6 mois …

Mais ça ne sera pas très grave ce week end.

 

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The SM Connection – Part. 1

Ces derniers temps, pour une raison qui m’échappe totalement, j’ai eu envie de refaire un peu de rap.

Je précise que je fais juste la musique, je hurle pas contre la société qu’elle m’a fait trop du mal et qu’elle est trop injuste.

Et, fort pas curieusement du tout, j’ai repensé au merveilleux groupe de rap dans lequel j’officiais quand j’étais en fac et qui répondait au doux nom de Sound Mafia. Ou, pour les putes intimes, la SM.

Et là, soudainement, je me dis que depuis le départ, tout était dans les initiales.

Et, comme je suis d’humeur putassière joyeuse ce soir, je m’en vais vous conter l’histoire du désormais mythique groupe Sound Mafia.

Tout commença en l’an de grace 1998. Tout allait bien en ce beau pays de France, les bleus venaient d’être champions du monde, je venais d’avoir ma deuxième année, j’alimentais régulièrement mon obsession amoureuse du moment qui répondait au prénom de Marylin, je lui faisais tous pleins de musique qu’elle n’a jamais entendues …

Quant, à la fin de l’année, après une explication absolument merveilleuse et pas du tout surréaliste avec la susnommée Marylin, un … une … heu … une entité articulée et parlante vint me faire une proposition qui devait changer ma vie.

Veux-tu faire la musique pour mon groupe de rap ?

A cette époque, il n’avait pas encore été porté à ma connaissance l’existence du mot « non ».

Je disa donc oui et je le regrettit durant les dix années qui suivirent.

Nous commençâmes donc à faire du hip hop, car, comme chacun sait, « hip hop you don’t stop ».

Ca, pour dontstopper, on a dontstoppé …

Au duo originel vint se greffer un monsieur au style plutôt tranquille et discret … tellement discret qu’on le voyait même pas aux répétitions. Certaines mauvaises langues allèrent jusqu’à dire que c’était parce qu’il n’y mettait jamais les pieds. Vous aurez compris que, naturellement, je ne suis pas de celles-là. Je suis une très bonne langue. A ce qu’on m’en a dit.

Bref.

Ce fut le premier déchirement. Il nous quitta.

Mais, le rappeur restant, dont j’aurai à reparler TRES abondamment prochainement, n’était jamais sans idées et me ramena 3 types merveilleux, qui apportèrent avec eux le nom de cette merveilleuse épopée : SM.

J’aurais dû m’en douter … J’aurais dû m’en douter …

Tout commença trop super bien, car nous avons eu la trop bonne idée de gagner le premier tremplin auquel nous avons participé, avec des titres entrés dans la légende, tels que « Enfant de pleine lune », « Bing bing » (avec son merveilleux refrain : « bing bing dans la tête on fait péter les flingues, bing bing dans la tête pour un truc de dingues » … magnifique) et bien entendu le chef d’oeuvre de l’époque, « SM sous l’effet du bédo » et son cri anti-FN désormais bien pas connu : « on joue aux fléchettes sur l’affiche des fachos ». Quelle incroyable force dans l’engagement politique, convenez-en.

Je saigne du nez, là.

Mais, car il y a TOUJOURS eu un mais avec ce groupe, le succès nous monta un peu à la tête et nous commençâmes alors à faire un peu n’importe nawak.

En effet, par un beau jour de décembre 1999 … l’un de nous a eu la bonne idée de se la jouer « vous pouvez pas comprendre … J’L’AIIIIIIIIIIIME !!!!! »

Bon, dit comme ça, surtout venant de moi, ça a l’air beau, tout ça …

Mais en fait non.

Parce que c’est là que j’ai commencé à devenir un traitre.

Pas en faisant des coups de pute, non non. Juste en faisant rien. En existant.

Ma seule présence était la justification de ma traitrisation.

Dans les années à venir, j’ai tenu avec une régularité métronomique mon rôle de traitre, avec une petite variante.

Je faisais toujours rien, eux revenaient pour me dire que finalement, ils avaient décidé que je n’étais plus un traitre et qu’ils voulaient bien à nouveau me faire l’immense honneur de faire de la musique avec eux.

Tout mec normalement constitué les aurait envoyés bouler. Mais, comme je dispute à Steevy Boulay le titre d’empereur des cons, je disais toujours oui. Parce que je croyais que les gens changent. Alors que j’avais la preuve avec MOI MEME que les gens changent pas. Déjà parce que je finissais toujours par redevenir un traitre, et également parce que ma conviction du changisme des gens prouvait par elle-même sa fausseté, vu que eux ne changeaient pas et moi non plus (traitre, pour ceux qui suivent pas)

Donc, après avoir de nouveau fait des grands projets de domination du monde rapologique, au bout de 6 mois (non … 3 mois en fait … voire 2 … ou 1), je redevenais un traitre.

En gros, ça partait en cacahuettes dans le groupe, parce que blablablablabla, et comme je cédais toujours à leurs caprices … et aussi un peu parce que j’étais le plus faible physiquement, il faut bien le dire … hé ben … you are the traitre !!

Donc, pour résumer le vide qui précède, quoi que je fasse (et en général, je faisais rien), c’était toujours moi le traitre.

Dans la suite des aventures de la SM, je vous raconterai comment on chasse la biche au lasso ou, selon mon humeur, comment on excluait les gens du groupe, ou, si je suis d’humeur chafouine, les différents blazes du groupe.

On va trop se marrer. Youpi.

 

Across The Universe

Il y a 30 ans, un sale conard a décrété qu’il était John Lennon et qu’il ne pouvait y avoir de place pour deux John Lennon sur terre.

Alors, ce sale conard, après s’être fait signer un autographe le matin du 8 décembre 1980, est allé au pied du Dakota Building le soir, il a attendu John et Yoko et quand ils sont arrivés, les a laissés le dépasser.

Puis, il a dit « Mr Lennon ? »

John s’est retourné.

L’une des questions les plus stupides de mon panthéon de conneries personnelles est de me demander ce que ça faisait d’être John Lennon.

(c’est la photo de lui que j’avais en face de moi, quand j’étais en fac)

Mais, contrairement à d’autres questions tout aussi inutiles qui m’obsèdent quasi-continuellement, je m’arrête de penser à celle-ci dès que j’écoute sa musique.

Je ne vais pas écrire sur ma chanson en cours ce soir, parce que je n’arrête pas d’écouter sa musique et celle des Beatles … et qu’on ne peut pas décemment faire de la musique après ça …

Quand j’étais en fac, je me mettais des petites musiques pour me booster pour LE jour où je flippais pour mes exams (il en fallait au moins un au cours duquel je réagissais comme un vrai étudiant …) et d’autres pour m’endormir.

La seule dont je me souvienne encore aujourd’hui, c’est « Goodnight« .

John l’avait écrite comme une berceuse pour Julian, son premier fils. Il voulait qu’elle sonne « hollywood », comme les grandes comédies musicales des années 50-60 …

Et comme il avait George Martin sous la main … Et un Ringo en état de grâce, qui n’a jamais aussi bien chanté …

Vous avez une merveille devant vous, avec un espace et un souffle absolument gigantesques.

Et vous avez l’impression de voir le monde s’endormir, bordé par ces quatre types extraordinaires …

Goodnight everyone … everybody … everywhere …

 
 

Vaiology

So … December is back … and so is my emotional whack …

En cette (très) froide deuxième soirée de décembre, où je n’ai eu peur de rien, puisque j’ai bouffé un extraordinaire jambon-purée, j’ai soudainement et très curieusement senti le besoin, après m’être pété le poignet au tennis, d’un peu de calme.

Et pour une fois, j’ai fait un truc intelligent, bien loin de toutes mes nombreuses conduites à risque actuelles : j’ai écouté de la musique.

Depuis quelques temps, je bloque sur Steve Vai.

Steve Vai est un guitariste virtuose, comme il en existe beaucoup, à cette petite différence qu’il est, en plus, un exceptionnel musicien.

Certes, il joue environ 6347657365 notes par seconde (quand il est fatigué), mais il y a une âme magnifique dans ce qu’il joue.

Quand je dis âme magnifique, je ne peux m’empêcher de penser à Emily Dickinson … C’est une poétesse américaine, qui a écrit des poèmes absolument merveilleux … C’est une poésie brûlante, brisée en permanence et renfermant une vie et … je ne trouve pas le mot, c’est une façon de ressentir l’amour qu’elle a caractérisée elle-même dans son poème « une âme en incandescence« .

Ca ne s’explique pas, ça se ressent. J’ai mis en musique trois de ses poèmes, sans aucune difficulté : la musique est venue immédiatement en lisant les poèmes (« Of so divine a loss / we enter but the gain / indemnity for loneliness / that such a bliss has come« ). Je dois probablement être une âme en incandescence, moi aussi …

Steve Vai est l’une de ces âmes en incandescence. Et c’est la raison pour laquelle je suis un grand admirateur de sa musique.

Ce premier extrait s’appelle « I know you’re here« . C’est un peu long, mais ça en vaut CARREMENT la peine … A partir de 6 minutes, le morceau change complètement de dimension et, pour peu que l’on ait un peu de …, on sent la présence de la personne à qui il dit « you know that I know you’re here » …

You’re in my head
I pray for your voice every time I slip away
Though I don’t understand
The reason I’m grounded here in eternity
Help me to save my soul
Surrender to your grace

Take me right where I stand

You know that I know you’re here

Vai a joué avec d’immenses musiciens, le plus célèbre étant Franck Zappa, qui l’avait « recruté » parce qu’il était capable de retranscrire sur partition les improvisations et les solos déjantés des musiciens de Zappa (et de Zappa lui-même …)

Puis, il s’est tourné vers une carrière de guitariste solo et il a délivré quelques petites merveilles …

La plus connue est ce morceau, « For the love of God« .

En dehors de la musique, Vai a beaucoup écrit. Des conseils pour guitaristes, bien évidemment, mais également sur la vie en général, sur la spiritualité …

Vaiology vient de là, de ce que Steve Vai a écrit au cours des années, sur ce qu’il « faut » pour devenir soi-même, pour se rencontrer et cesser de tourner autour du pot, bon ou mauvais.

Il y a surtout cette série d’articles qu’il avait publiée en 1989, intitulée « Martian Love Secrets« .

Non, ce n’est pas le kamasutra version martienne … va falloir chercher un autre fantasme …

Cette série d’articles donnait une sorte de « méthode » pour développer son approche de la musique et, plus simplement, pour s’améliorer en tant que musicien.

L’approche de Steve Vai, comme le titre de cette série l’indique, est très particulière … Au début du premier article, il dit que son approche « est plus mentale, émotionnelle et imaginative que théorique » et que son but est de « développer l’individualité dans la pratique de la guitare« , c’est-à-dire de développer un jeu unique et sans nulle autre pareille.

Il détaille ensuite une approche de la guitare (et de la musique en général, car il n’oublie jamais que la technique ne peut être qu’un outil au service de l’expression musicale …) basée sur la découverte de soi-même et sur l’expression de ce soi.

Ca n’est que de cette façon que l’on peut faire réellement de la musique.

C’est un cliché que de dire que la musique doit sortir de l’intérieur, qu’elle exprime les émotions les plus profondes, blablabla …

Mais la réalité est que très peu de musiciens le font vraiment.

Cet été, lorsque je suis allé voir Prince, j’ai senti dans chacune de ses notes à quel point il était habité par sa musique, à quel point il donnait tout de lui à chaque instant … qu’il se mettait tout entier dans tout ce qu’il jouait, tout le temps, tout le temps, tout le temps …

Regardez ce que je suis, qui je suis. Je vous offre ce que j’ai de plus intime et de plus précieux. Don’t abuse it …

C’est cette même sensation que j’éprouve en écoutant certaines musique de Beethoven ou Mozart, lorsque je secoue la tête en me disant, les larmes aux yeux, « mais c’est pas possible d’avoir fait une musique pareille … »

Finalement, peu importe le moyen pour y arriver. La seule chose qui compte est de trouver ce qu’il y a juste là et de le faire sortir.

Et ça trouvera bien un jour son chemin jusqu’au coeur auquel c’est destiné.

 
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Publié par le 2 décembre 2010 dans Légendes et Héros de la Musique, Maestros

 

Lime and Limpid Green

Ce matin, en partant travailler, j’ai décrété que ça allait être une journée Syd Barrett (le monsieur qui était le chef de Pink Floyd à leurs débuts, pour ceux qui ne savent pas …).

La musique de Syd Barrett me fait voir des couleurs. Par exemple, « See Emily Play » est bleue et verte.

« Emily tries but misunderstands, ah ooh
She’s often inclined to borrow somebody’s dreams till tomorrow
There is no other day
Let’s try it another way
You’ll lose your mind and play …
 »

La génialissime « Astronomy Domine » est un kaléidoscope qui tourne. Avec une tension extraordinaire durant toute la chanson, qui maintient ce « truc » qui tourne sur un fond oppressant et débordant de couleurs … « Lime and limpid green, a second scene, a flight beetween the blue you once knew … »

C’est tout à fait exceptionnel de peindre de la musique, comme Syd Barrett le faisait.

C’est un véritable gâchis qu’il n’ait pas su continuer … Il est mort en 2006, dans la retraite qui était la sienne depuis … pratiquement 40 ans.

Et je dis que c’est un gâchis (je ne suis pas le seul à dire cela, il y a aussi David Gilmour…), parce que personne dans tout le XXe siècle n’a été capable de refaire ça.

Après être parti / s’être fait virer de Pink Floyd, il a fait quelques tentatives d’albums solo, dont le premier produit par David Gilmour, qui a toujours profondément aimé Syd (il lui envoyait une carte pour lui souhaiter le nouvel an chaque année … sans jamais recevoir de réponse …).

Cet album, qui s’appelait « The Madcap Laughs » (vous pouvez trouver un excellent article sur cet album ici, contenait une petite merveille, « Dark Globe« ,  dans laquelle Syd Barrett demandait (ou plutôt implorait) : « Won’t you miss me ? Wouldn’t you miss me at all ? »

Sa musique est une surprise permanente : dans les mélodies, les progressions, les paroles … On dirait un accident permanent, mais qui retombe toujours sur ses pattes … mais jamais de la manière à laquelle on s’attend.

Cela s’explique probablement par le fait qu’il n’a pas été formaté par un conservatoire et qu’il a ainsi pu cultiver (pendant peu de temps, mais bon … mieux que rien) la spontanéité qui irradie toute sa musique.

De tels musiciens sont EXTRAORDINAIREMENT inspirants, parce qu’ils ont trouvé les clés (ou les angles de vision) qui ouvrent des champs d’exploration immenses.

Pierre Boulez est également de ceux-là.

Il a toujours abhorré (le mot est faible….) toutes les formes de limitation de sa liberté créatrice.

C’est ce qui explique sa haine (là encore, mot faible…) de toutes les institutions culturelles étatiques.

Parce qu’elles favorisent l’avènement de la paresse.

On veut faire de la musique populaire ? Accessible à tous ?

Pourquoi ne pas renverser le problème et faire en sorte que tous puissent accéder à une musique plus exigeante ?

Mais cela aurait pour conséquence de détruire les petites chapelles ridicules dans lesquelles ceux qui veulent « rendre la musique populaire » aiment à se réfugier …

Et comment feraient-ils s’ils ne pourraient pas prendre de grands airs en s’étonnant de ce que … « Queuuuuuue mant ??? Vous ne connaissez pas les oeuuuuuuvres de Schoenberg, Berg ou Werbern ??? Mais c’est in-dis-pen-saaaable !!!! »

Connards.

Le but est d’arriver à faire de la musique qui transcende celui qui l’a faite et celui qui l’écoute.

Et peu importent les moyens, pourvu qu’on ait l’ivresse …