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Archives Mensuelles: janvier 2011

The SM Connection – Part. 1

Ces derniers temps, pour une raison qui m’échappe totalement, j’ai eu envie de refaire un peu de rap.

Je précise que je fais juste la musique, je hurle pas contre la société qu’elle m’a fait trop du mal et qu’elle est trop injuste.

Et, fort pas curieusement du tout, j’ai repensé au merveilleux groupe de rap dans lequel j’officiais quand j’étais en fac et qui répondait au doux nom de Sound Mafia. Ou, pour les putes intimes, la SM.

Et là, soudainement, je me dis que depuis le départ, tout était dans les initiales.

Et, comme je suis d’humeur putassière joyeuse ce soir, je m’en vais vous conter l’histoire du désormais mythique groupe Sound Mafia.

Tout commença en l’an de grace 1998. Tout allait bien en ce beau pays de France, les bleus venaient d’être champions du monde, je venais d’avoir ma deuxième année, j’alimentais régulièrement mon obsession amoureuse du moment qui répondait au prénom de Marylin, je lui faisais tous pleins de musique qu’elle n’a jamais entendues …

Quant, à la fin de l’année, après une explication absolument merveilleuse et pas du tout surréaliste avec la susnommée Marylin, un … une … heu … une entité articulée et parlante vint me faire une proposition qui devait changer ma vie.

Veux-tu faire la musique pour mon groupe de rap ?

A cette époque, il n’avait pas encore été porté à ma connaissance l’existence du mot « non ».

Je disa donc oui et je le regrettit durant les dix années qui suivirent.

Nous commençâmes donc à faire du hip hop, car, comme chacun sait, « hip hop you don’t stop ».

Ca, pour dontstopper, on a dontstoppé …

Au duo originel vint se greffer un monsieur au style plutôt tranquille et discret … tellement discret qu’on le voyait même pas aux répétitions. Certaines mauvaises langues allèrent jusqu’à dire que c’était parce qu’il n’y mettait jamais les pieds. Vous aurez compris que, naturellement, je ne suis pas de celles-là. Je suis une très bonne langue. A ce qu’on m’en a dit.

Bref.

Ce fut le premier déchirement. Il nous quitta.

Mais, le rappeur restant, dont j’aurai à reparler TRES abondamment prochainement, n’était jamais sans idées et me ramena 3 types merveilleux, qui apportèrent avec eux le nom de cette merveilleuse épopée : SM.

J’aurais dû m’en douter … J’aurais dû m’en douter …

Tout commença trop super bien, car nous avons eu la trop bonne idée de gagner le premier tremplin auquel nous avons participé, avec des titres entrés dans la légende, tels que « Enfant de pleine lune », « Bing bing » (avec son merveilleux refrain : « bing bing dans la tête on fait péter les flingues, bing bing dans la tête pour un truc de dingues » … magnifique) et bien entendu le chef d’oeuvre de l’époque, « SM sous l’effet du bédo » et son cri anti-FN désormais bien pas connu : « on joue aux fléchettes sur l’affiche des fachos ». Quelle incroyable force dans l’engagement politique, convenez-en.

Je saigne du nez, là.

Mais, car il y a TOUJOURS eu un mais avec ce groupe, le succès nous monta un peu à la tête et nous commençâmes alors à faire un peu n’importe nawak.

En effet, par un beau jour de décembre 1999 … l’un de nous a eu la bonne idée de se la jouer « vous pouvez pas comprendre … J’L’AIIIIIIIIIIIME !!!!! »

Bon, dit comme ça, surtout venant de moi, ça a l’air beau, tout ça …

Mais en fait non.

Parce que c’est là que j’ai commencé à devenir un traitre.

Pas en faisant des coups de pute, non non. Juste en faisant rien. En existant.

Ma seule présence était la justification de ma traitrisation.

Dans les années à venir, j’ai tenu avec une régularité métronomique mon rôle de traitre, avec une petite variante.

Je faisais toujours rien, eux revenaient pour me dire que finalement, ils avaient décidé que je n’étais plus un traitre et qu’ils voulaient bien à nouveau me faire l’immense honneur de faire de la musique avec eux.

Tout mec normalement constitué les aurait envoyés bouler. Mais, comme je dispute à Steevy Boulay le titre d’empereur des cons, je disais toujours oui. Parce que je croyais que les gens changent. Alors que j’avais la preuve avec MOI MEME que les gens changent pas. Déjà parce que je finissais toujours par redevenir un traitre, et également parce que ma conviction du changisme des gens prouvait par elle-même sa fausseté, vu que eux ne changeaient pas et moi non plus (traitre, pour ceux qui suivent pas)

Donc, après avoir de nouveau fait des grands projets de domination du monde rapologique, au bout de 6 mois (non … 3 mois en fait … voire 2 … ou 1), je redevenais un traitre.

En gros, ça partait en cacahuettes dans le groupe, parce que blablablablabla, et comme je cédais toujours à leurs caprices … et aussi un peu parce que j’étais le plus faible physiquement, il faut bien le dire … hé ben … you are the traitre !!

Donc, pour résumer le vide qui précède, quoi que je fasse (et en général, je faisais rien), c’était toujours moi le traitre.

Dans la suite des aventures de la SM, je vous raconterai comment on chasse la biche au lasso ou, selon mon humeur, comment on excluait les gens du groupe, ou, si je suis d’humeur chafouine, les différents blazes du groupe.

On va trop se marrer. Youpi.

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In My Life

Je suis toujours aussi fasciné par la façon dont les gens entrent dans ma vie … et sur ce que sont ces gens.

J’ai toujours été persuadé que personne n’entrait dans une vie par hasard. Les évènements récents de ma vie n’ont fait que me le confirmer.

Parfois, je pense à ces vies qui se rencontrent, ces destins abimés qui se « trouvent » par je ne sais quel coïncidence et qui, finalement, ne cherche rien d’autre que la certitude d’être aimé. Je ne juge plus et je ne critique plus ce comportement .. puisque que c’est le mien. Donne moi avant que je te donne. Et ce qui est très idiot, c’est de passer à côté de quelqu’un qui veut vous donner ce que vous attendez …

Je crois que personne ne sort vraiment de la vie de personne. Les séparations ne sont que physiques, parce qu’on n’oublie jamais vraiment les gens. Personne ne mérite d’être oublié.

Je n’ai jamais oublié personne. Je me souviens de tout. Peut-être que c’est l’une des raisons qui fait que je me sens parfois au bord de l’explosion : je ne sais pas trier ni oublier et je garde tout … surtout ce qui est négatif et qui fait du mal.

Hier soir, je discutais de cela avec quelqu’un, qui me demandait pourquoi je n’arrivais pas à avoir dans la « vraie vie » l’assurance que j’ai dans la musique. Je lui ai expliqué que je m’étais bloqué tout seul par toutes les expériences négatives que j’ai vécu … et je me suis rendu compte en le disant que mes souvenirs les plus marquants, c’est-à-dire ceux qui me reviennent le plus facilement à l’esprit, sont tous négatifs et nourrissent la colère quasi-permanente qui est en moi.

J’ai de jolis souvenirs, bien sûr … Mais ils ne sont pas encore majoritaires et occupent un espace trop minime … Peut-être qu’il faudrait que je m’en crée de nouveaux …

Les plus belles choses de ma vie restent dans ma musique. Les beaux souvenirs sont là, les belles choses que j’ai ressenties sont là. Et ça me rassure de réécouter certaines de ces musiques, parce qu’elles me confortent dans le fait que je n’ai pas rêvé, qu’il y a bien eu quelque chose qui a fait naitre cette musique en moi.

Je me sens à l’aise dans ma musique, je m’y sens au chaud et c’est une sensation que je ressens physiquement … en ce moment même d’ailleurs, en écrivant cette note … c’est un espace tout petit et tout chaud, mais qui est toujours là et qui me fera croire toute ma vie que la vie est belle.

Très souvent, j’ai dit que le « vrai » moi se trouve dans ma musique. C’est une façon commode de ne pas avoir à parler de moi … « Ecoute et comprends, si tu comprends pas, c’est que t’es pas branché » … ah merde, c’est Benny B, ça …

Bref.

Cette façon de me cacher ne sert pas à grand chose, si ce n’est à me fermer encore un peu plus, parce que les gens qui écoutent ma musique ne comprennent jamais vraiment ce que j’ai voulu y mettre … Ils ne peuvent pas savoir que j’ai fait telle mélodie pour telle raison, parce que la montée correspond à telle chose ou qu’elle répond à telle autre truc que j’ai mis dans l’harmonie … Que telle instrument est censé représenter un rayon de lumière ou que telle ligne mélodique dessine un soleil … que les battements de coeur sont les miens ou que les 8 lignes de la fin sont les plus belles choses que j’ai composées de ma vie …

J’ai encore du mal à admettre que les gens voient dans une musique (ou dans n’importe quelle autre oeuvre d’art) ce qu’ils ont envie d’y voir … Je le fais moi-même, mais je l’admets très mal pour ma propre musique … ce qui est une source de déception permanente, finalement … outre le fait que ça soit très con, mais c’est une autre histoire.

Le plus important est que ces musiques soient là … et les gens qui les ont inspirées aussi.