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Lime and Limpid Green

18 Nov

Ce matin, en partant travailler, j’ai décrété que ça allait être une journée Syd Barrett (le monsieur qui était le chef de Pink Floyd à leurs débuts, pour ceux qui ne savent pas …).

La musique de Syd Barrett me fait voir des couleurs. Par exemple, « See Emily Play » est bleue et verte.

« Emily tries but misunderstands, ah ooh
She’s often inclined to borrow somebody’s dreams till tomorrow
There is no other day
Let’s try it another way
You’ll lose your mind and play …
 »

La génialissime « Astronomy Domine » est un kaléidoscope qui tourne. Avec une tension extraordinaire durant toute la chanson, qui maintient ce « truc » qui tourne sur un fond oppressant et débordant de couleurs … « Lime and limpid green, a second scene, a flight beetween the blue you once knew … »

C’est tout à fait exceptionnel de peindre de la musique, comme Syd Barrett le faisait.

C’est un véritable gâchis qu’il n’ait pas su continuer … Il est mort en 2006, dans la retraite qui était la sienne depuis … pratiquement 40 ans.

Et je dis que c’est un gâchis (je ne suis pas le seul à dire cela, il y a aussi David Gilmour…), parce que personne dans tout le XXe siècle n’a été capable de refaire ça.

Après être parti / s’être fait virer de Pink Floyd, il a fait quelques tentatives d’albums solo, dont le premier produit par David Gilmour, qui a toujours profondément aimé Syd (il lui envoyait une carte pour lui souhaiter le nouvel an chaque année … sans jamais recevoir de réponse …).

Cet album, qui s’appelait « The Madcap Laughs » (vous pouvez trouver un excellent article sur cet album ici, contenait une petite merveille, « Dark Globe« ,  dans laquelle Syd Barrett demandait (ou plutôt implorait) : « Won’t you miss me ? Wouldn’t you miss me at all ? »

Sa musique est une surprise permanente : dans les mélodies, les progressions, les paroles … On dirait un accident permanent, mais qui retombe toujours sur ses pattes … mais jamais de la manière à laquelle on s’attend.

Cela s’explique probablement par le fait qu’il n’a pas été formaté par un conservatoire et qu’il a ainsi pu cultiver (pendant peu de temps, mais bon … mieux que rien) la spontanéité qui irradie toute sa musique.

De tels musiciens sont EXTRAORDINAIREMENT inspirants, parce qu’ils ont trouvé les clés (ou les angles de vision) qui ouvrent des champs d’exploration immenses.

Pierre Boulez est également de ceux-là.

Il a toujours abhorré (le mot est faible….) toutes les formes de limitation de sa liberté créatrice.

C’est ce qui explique sa haine (là encore, mot faible…) de toutes les institutions culturelles étatiques.

Parce qu’elles favorisent l’avènement de la paresse.

On veut faire de la musique populaire ? Accessible à tous ?

Pourquoi ne pas renverser le problème et faire en sorte que tous puissent accéder à une musique plus exigeante ?

Mais cela aurait pour conséquence de détruire les petites chapelles ridicules dans lesquelles ceux qui veulent « rendre la musique populaire » aiment à se réfugier …

Et comment feraient-ils s’ils ne pourraient pas prendre de grands airs en s’étonnant de ce que … « Queuuuuuue mant ??? Vous ne connaissez pas les oeuuuuuuvres de Schoenberg, Berg ou Werbern ??? Mais c’est in-dis-pen-saaaable !!!! »

Connards.

Le but est d’arriver à faire de la musique qui transcende celui qui l’a faite et celui qui l’écoute.

Et peu importent les moyens, pourvu qu’on ait l’ivresse …


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