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Coffin Dream

10 Nov

Coffin Dream par Kinishao. (cliquez pour écouter)

Il y a quelques années, j’ai fait un rêve étrange (oh mon dieu, comme ça craint de commencer une note comme ça … ça me fait penser à un film de Disney …).

J’ai rêvé que j’étais assis dans un cercueil qui naviguait sur une rivière … Il y avait des gens autour de moi et l’ambiance était très joyeuse …

Lorsque je me suis réveillé, je ne savais pas trop quoi penser d’un tel rêve.

J’en ai parlé à un copain, qui s’est bien entendu foutu de ma gueule, et je lui ai dit que, pour me venger (oui, comme je suis un méchant scorpion, je me venge toujours), j’allais en faire une chanson.

Tout cela s’est passé en 2005 … alors, je ne suis pas certain de me souvenir de tous les détails.

J’avais commencé par me dire que je voulais une musique avec beaucoup de guitares, mais sans que cela soit une sorte de « mur du son » bourré de distorsions qui crachent dans tous les sens … Je voulais quelque chose d’acéré, de charnel et de chaud à la fois.

Je voulais aussi une musique qui soit extrêmement rythmée, qui puisse retranscrire le sentiment que j’avais éprouvé durant ce rêve et qui était tout sauf triste et « gnan gnan ».

Comme d’habitude, j’ai « fait » le rythme avec des respirations : pour moi (et pas uniquement pour moi, d’ailleurs …), le rythme est la base d’une musique. C’est quelque chose de sourd et qui ferme les yeux … dans le sens où c’est animal, ça parle au bas-ventre. Comme la basse d’ailleurs.

Et c’est la respiration qui symbolise le mieux cette énergie qui vient du bas.

Et puis, le rythme s’est créé avec ces respirations les yeux fermés, avec ces petits mouvements imperceptibles du corps, que l’on ressent aux mêmes endroits …

(je ne comprends pas comment on peut ne pas ressentir tout ce que la musique peut faire et jusqu’où elle peut aller … il suffit de fermer les yeux et la laisser trouver les plus beaux endroits en vous … c’est pour cela que vous souriez bêtement sans comprendre, à l’écoute de certaines musiques : elles n’ont pas besoin de mots pour vous trouver …)

Il me semblait que pour « Coffin Dream », il fallait quelque chose qui soit, là encore, acéré, mais aussi très puissant. Il fallait quelque chose qui percute, pour que la base du morceau soit extrêmement solide et touche là où il faut. Le balancement du rythme, entre la grosse caisse et la caisse claire, devait coller à celui des hanches.

J’ai donc « fredonné » divers rythmes, avant de tomber sur celui qui est dans la version actuelle du morceau.

Puis, la basse est venue se coller automatiquement, probablement parce qu’elle est instinctive et vient du même endroit … et que je ne suis pas aussi mauvais que je le pensais pour ce qui est instinctif.

Ensuite … la recherche de la mélodie.

Je ne sais plus du tout comment j’en suis arrivé à choisir cette suite de trois accords, qui est la même sur tout le morceau … Je me souviens simplement que j’ai pensé que, pour compenser cette répétition, il fallait impérativement que je trouve une mélodie qui « bouge » (ce qui signifie, dans mon jargon personnel, qui est pleine de variations) … et j’ai trouvé ce que vous pouvez entendre dans la version actuelle.

Il fallait que la variation de la mélodie soit une sorte de route, une sorte de chemin musical, qui transcrive ce que je dis (enfin … ce que je chante…), avec des descentes lorsque le texte est plus introspectif et plus « réfléchi » et une remontée pour « all kind of things » … que j’expliquerai plus loin.

Et, comme j’ai écouté beaucoup de chansons pop calibrées pour la radio, je me suis dit que ce serait une bonne idée de trouver un refrain accrocheur et qui reste dans la tête … Avec un peu de brillance vers la fin, sur le « dream« , parce que … je pense qu’il est inutile que j’explique pourquoi …

Ceci étant fait, je me suis attelé à ma torture préférée, c’est-à-dire l’écriture des paroles …

Pour le refrain, aucun problème, c’est allé très vite.

Pour les couplets … j’ai commencé par décrire un peu le rêve … pour partir ensuite sur une interprétation, en plaçant au passage une phrase de Charlie Parker, qui disait qu’il voulait « open up to all kind of things » … ce qui est devenu « I guess I should give up all my old schemes and open up like Charlie to all kinds of things« , à la fin du premier couplet …

Puis, dans le deuxième couplet, j’ai commencé avec ma sempiternelle jérémiade sur le fait que je perdais mon temps : « I’m wasting my time on waiting for a two-way dream » …

(j’aime bien les supers métaphores à l’eau de rose, vestiges de ma passion éternelle de midinette pour les New Kids on The Block ….)

Puis, j’ai raconté des conneries, comme quoi je serais un gamin de pas décembre ou je sais pas quoi, ou comme quoi que je serais jaloux des gens qui rêvent ou je sais encore pas quoi … Bref, des fois, je comprend pas trop ce que je veux dire quand je m’esssssprime mon opinion.

Et j’ai terminé avec la révélation de fin de chanson : j’ai enfin compris ce que je devais mettre dans le cercueil : « my innate innocence and my fairy like dreams » …

Toujours pas fait.

Et comme il restait du temps, j’ai fait un solo de guitare et j’ai raconté n’importe quoi après le dernier refrain et … c’était terminé.

Ensuite, il a fallu enregistrer la chose.

J’ai mis plein de guitares, toutes doublées, j’ai fait des trucs funky sur les refrains, j’ai oublié d’en mettre sur les couplets, j’ai fait mon solo, j’ai mis des synthés pour faire style « je sais trop bien joué du synthé comme les mecs des années 80 en collants rose fluo sauf que moi j’en mets pas faut pas déconner moi c’est Armani Dior Givenchy et compagnie non mais quand même rose fluo c’est pas possible ça peut plus durer enfin bref reprenons le cours de l’histoire oulala que je digresse mais que je digresse c’est terrible tout ça« , j’ai mis une batterie trop synthétique, parce que Stewart Copeland était pas dispo et que je voulais pas Bernard Minet, j’ai mis une petite descente de synthé avec un son tout doux, parce que malgré tout …

Mais comme je suis (vraiment très) méchant, j’ai fait exprès de pas faire correctement les guitares des couplets et d’oublier de mettre de la funk dedans, juste pour me forcer à les refaire 5 ans plus tard, quand j’aurai décidé de tout refaire, pour de vrai (oui, étant le chef, je savais que j’allais tout refaire 5 ans plus tard).

Malgré tout cela, j’étais très content du résultat et je le suis toujours.

C’est une chanson « facile », ça n’est certainement pas la plus belle chose que j’ai composée, mais c’est une chanson très fraiche, pleine de vie et qui ne porte pas cinquante tonnes de charge émotionnelle sur les épaules …

Et c’est pour toutes ces raisons que j’ai commencé par parler d’elle sur ce blog.

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Publié par le 10 novembre 2010 dans Kinishao's Music

 

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